La théorie des nombres est l’étude des nombres entiers. Si vous voulez comprendre les nombres premiers, la divisibilité ou l’arithmétique modulaire, vous êtes déjà au cœur de la théorie des nombres.

Un nombre premier est un entier supérieur à 11 qui possède exactement deux diviseurs positifs : 11 et lui-même. La divisibilité demande si un entier en divise un autre sans reste. L’arithmétique modulaire suit les restes, c’est pourquoi on l’appelle souvent l’arithmétique de l’horloge.

Ce que couvre la théorie des nombres

Ces trois idées vont ensemble :

  • Les nombres premiers sont les briques de base des entiers positifs.
  • La divisibilité indique quand un entier entre exactement dans un autre.
  • L’arithmétique modulaire reformule les questions de divisibilité en questions de reste.

Par exemple, dire que "aa est divisible par nn" revient à dire

a0(modn)a \equiv 0 \pmod n

Donc une question de divisibilité peut souvent être réécrite comme une question de reste.

Nombres premiers : les briques de base

Les nombres premiers commencent par

2,3,5,7,11,13,2, 3, 5, 7, 11, 13, \dots

Le nombre 22 est le seul nombre premier pair. Tout autre nombre pair est divisible par 22, donc il ne peut pas être premier.

Si un entier positif supérieur à 11 n’est pas premier, on l’appelle composé. Par exemple, 2121 est composé car

21=3721 = 3 \cdot 7

Les nombres premiers sont importants parce que tout entier supérieur à 11 peut s’écrire comme un produit de nombres premiers, à l’ordre des facteurs près. C’est l’idée de la décomposition en facteurs premiers.

Divisibilité : quand un nombre entre exactement dans un autre

Si aa et bb sont des entiers avec b0b \ne 0, alors "bb divise aa" signifie qu’il existe un entier kk tel que

a=bka = bk

Cela s’écrit

bab \mid a

Par exemple, 4204 \mid 20 parce que 20=4520 = 4 \cdot 5. Mais 4224 \nmid 22 parce que la division de 2222 par 44 laisse un reste.

La divisibilité est le langage des facteurs, des multiples, du plus grand commun diviseur et du plus petit commun multiple. Elle explique aussi des tests familiers :

  • Un nombre est divisible par 22 si son dernier chiffre est pair.
  • Un nombre est divisible par 55 si son dernier chiffre est 00 ou 55.
  • Un nombre est divisible par 33 si la somme de ses chiffres est divisible par 33.

Cette dernière règle n’est pas une astuce. Elle vient de l’arithmétique modulaire.

Arithmétique modulaire : travailler avec les restes

Quand deux entiers laissent le même reste dans la division par nn, on dit qu’ils sont congrus modulo nn. On écrit

ab(modn)a \equiv b \pmod n

Cela signifie que nn divise aba-b.

Par exemple,

175(mod12)17 \equiv 5 \pmod{12}

parce que 1717 et 55 laissent tous deux le reste 55 lorsqu’on les divise par 1212, et aussi parce que 1212 divise 175=1217 - 5 = 12.

C’est utile parce qu’on peut remplacer un nombre par un nombre congru plus simple. Sur une horloge de 1212 heures, ajouter 1515 heures a le même effet qu’ajouter 33 heures parce que

153(mod12)15 \equiv 3 \pmod{12}

Exemple détaillé : pourquoi 231231 est-il divisible par 33 ?

Prenons le nombre 231231.

D’abord, écrivons-le sous forme de valeur de position :

231=2100+310+1231 = 2 \cdot 100 + 3 \cdot 10 + 1

Maintenant, travaillons modulo 33. Comme

101(mod3)10 \equiv 1 \pmod 3

il s’ensuit que

100=102121(mod3)100 = 10^2 \equiv 1^2 \equiv 1 \pmod 3

Donc

23121+31+12+3+1=60(mod3)231 \equiv 2 \cdot 1 + 3 \cdot 1 + 1 \equiv 2 + 3 + 1 = 6 \equiv 0 \pmod 3

Comme 2310(mod3)231 \equiv 0 \pmod 3, le nombre est divisible par 33.

Cela explique la règle de la somme des chiffres : en base 1010, chaque puissance de 1010 est congrue à 11 modulo 33, donc le nombre entier a le même reste que la somme de ses chiffres.

Et une fois qu’on effectue la division,

231=377=3711231 = 3 \cdot 77 = 3 \cdot 7 \cdot 11

donc 231231 est composé, et non premier.

Erreurs fréquentes en théorie des nombres

Considérer 11 comme premier

11 n’est pas premier. Un nombre premier doit avoir exactement deux diviseurs positifs, et 11 n’en a qu’un seul.

Oublier la condition dans la divisibilité

L’énoncé bab \mid a n’a de sens que si b0b \ne 0. La division par zéro n’est pas autorisée.

Confondre égalité et congruence

175(mod12)17 \equiv 5 \pmod{12} ne signifie pas que 17=517 = 5. Cela signifie qu’ils diffèrent d’un multiple de 1212.

Abuser des règles de divisibilité

Certains tests sont rapides parce que l’arithmétique en base 1010 les rend pratiques. Cela ne veut pas dire que chaque diviseur possède une règle simple fondée sur les chiffres.

Où apparaît la théorie des nombres

Au niveau scolaire, la théorie des nombres apparaît dans la factorisation, les problèmes de reste, les preuves de divisibilité et les questions de type horloge. Elle intervient aussi quand on simplifie des fractions, qu’on cherche des facteurs communs ou qu’on résout des problèmes avec des cycles répétitifs.

À un niveau plus avancé, les nombres premiers et l’arithmétique modulaire sont aussi au centre de la cryptographie et de l’informatique. Vous n’avez pas besoin de ce contexte pour utiliser ces idées, mais cela aide à comprendre pourquoi la théorie des nombres réapparaît si souvent dans des contextes appliqués.

Essayez votre propre version

Essayez le même raisonnement avec 462462. Utilisez d’abord la somme de ses chiffres pour tester la divisibilité par 33, puis factorisez-le suffisamment pour décider s’il est premier ou composé.

Si vous voulez vérifier votre méthode, résolvez un problème similaire de divisibilité ou de reste dans un solveur de maths et comparez les étapes d’arithmétique modulaire avec les vôtres.

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