L’électronégativité est une mesure relative de la force avec laquelle un atome attire les électrons partagés dans une liaison. Sur l’échelle de Pauling, une valeur plus grande signifie une attraction plus forte des électrons de liaison.

Cela permet de prévoir rapidement la polarité d’une liaison. Si deux atomes liés attirent les électrons partagés presque avec la même intensité, la liaison est plus proche d’une liaison covalente apolaire. Si un atome attire beaucoup plus fortement, la liaison est polaire. Si la différence est très grande, la liaison peut avoir un caractère ionique important.

Ce que l’échelle de Pauling indique réellement

L’échelle de Pauling est une échelle relative. Elle ne compte pas les électrons et ce n’est pas la même chose que la charge portée par un atome. Son rôle principal est de comparer des atomes engagés dans une liaison.

Par exemple, le fluor possède l’une des plus fortes valeurs d’électronégativité, donc il a tendance à attirer fortement les électrons de liaison. Beaucoup de métaux situés à gauche du tableau périodique ont des valeurs plus faibles, donc ils attirent moins fortement les électrons partagés.

L’idée pratique est simple : pour une liaison entre les atomes AA et BB, comparez leurs électronégativités. Plus la différence est grande, plus le partage des électrons risque d’être inégal.

Tendance périodique dans le tableau périodique

L’électronégativité augmente généralement de gauche à droite au sein d’une période et diminue généralement du haut vers le bas dans un groupe.

L’image générale est la suivante :

  • au sein d’une période, les atomes ont tendance à attirer plus fortement les électrons de liaison
  • dans un groupe, les atomes plus grands attirent généralement moins fortement le doublet liant

C’est une tendance générale, pas une règle exacte pour chaque élément dans toutes les situations. En chimie introductive, les gaz nobles sont souvent absents des tableaux simples d’électronégativité, car beaucoup d’entre eux ne forment pas de liaisons ordinaires dans les conditions standard.

Exemple résolu : pourquoi la liaison H-Cl est polaire

L’hydrogène a une électronégativité de Pauling d’environ 2.202.20, et le chlore d’environ 3.163.16. La différence est

ΔEN=3.162.20=0.96\Delta EN = 3.16 - 2.20 = 0.96

Cette différence montre clairement un partage inégal, donc la liaison H-Cl est covalente polaire.

Le doublet d’électrons partagé est attiré davantage vers le chlore, donc le chlore porte une charge partielle négative, notée δ\delta-, et l’hydrogène porte une charge partielle positive, notée δ+\delta+.

Cet exemple montre l’usage principal de l’électronégativité. Cela ne signifie pas que le chlore prend complètement les électrons. Cela indique bien de quel côté de la liaison se trouve la plus grande densité électronique.

Ce que l’électronégativité permet bien de prévoir

L’électronégativité est utile pour prévoir la polarité des liaisons et pour estimer où apparaissent les charges partielles dans une molécule. Elle aide aussi lorsqu’on étudie les forces intermoléculaires, les tendances acide-base et les grandes tendances de réactivité.

Mais ce n’est pas une règle complète pour toute la chimie. La géométrie moléculaire, la résonance, la charge formelle et les conditions de réaction peuvent toutes jouer un rôle. Une liaison présentant une différence d’électronégativité notable peut être polaire alors que la molécule entière reste apolaire si les dipôles de liaison se compensent par symétrie.

Erreurs fréquentes avec l’électronégativité

Considérer les différences d’électronégativité comme des seuils exacts

Les manuels donnent souvent des intervalles approximatifs pour les liaisons apolaires, covalentes polaires et ioniques. Ces intervalles sont des raccourcis utiles, pas des lois universelles. Les cas limites demandent du contexte.

La confondre avec d’autres propriétés

L’électronégativité, l’énergie d’ionisation et l’affinité électronique concernent toutes les électrons, mais ce ne sont pas la même propriété. L’électronégativité concerne spécifiquement l’attraction des électrons partagés dans une liaison.

Regarder une seule valeur au lieu de comparer deux atomes

Une seule valeur d’électronégativité ne suffit pas. La polarité d’une liaison dépend de la comparaison entre les deux atomes liés.

Quand l’électronégativité est la plus utile

Les chimistes utilisent l’électronégativité lorsqu’ils veulent :

  1. prévoir si une liaison sera plutôt apolaire ou polaire
  2. identifier quel atome dans une liaison sera probablement δ\delta-
  3. estimer si une liaison a davantage de caractère covalent ou davantage de caractère ionique
  4. relier les tendances périodiques au comportement réel des liaisons

Essayez une comparaison de liaisons similaire

Faites votre propre version avec CHC-H, OHO-H et NaClNa-Cl. Classez les liaisons selon la différence d’électronégativité, puis décidez laquelle est la plus proche d’une liaison apolaire, laquelle est clairement covalente polaire et laquelle présente le caractère ionique le plus marqué. Cette seule comparaison suffit généralement à bien ancrer l’idée.

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